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Carnivàle : critique


Carnivàle

Carnivàle

Synopsis :
« Au commencement de tout, juste après la grande guerre entre le ciel et l’enfer, Dieu créa la Terre. Il la confia à ses grands « singes » doués de raison qu’il appelait hommes. Chaque nouvelle génération comportait un être de lumière et une créature des ténèbres. Il y eut de terrifiants combats, de grandes armées s’affrontèrent dans une guerre sans nom entre le bien et le mal. Il y avait de la magie alors, de la noblesse et une inimaginable cruauté. Et c’était ainsi jusqu’au jour où un faux soleil explosa dans l’univers, et où l’homme troqua définitivement sa naïveté contre la raison… » (Citation d’introduction).

1934, Milfay Oklahoma. Ben Hawkins, forçat en fuite et détenteur de pouvoirs incroyables, est sur le point d’enterrer sa mère quand un bulldozer arrive pour raser leur maison. Au même moment, des forains s’arrêtent pour assister à la scène. Ils finissent par intervenir et empêchent la destruction de la maison mais uniquement le temps pour Ben de donner une sépulture à sa mère. Samson, responsable du Carnivàle, décide alors de prendre Ben avec eux. Au même moment, à Mintern Californie, le frère Justin Crowe commence lui aussi son chemin, parsemé de terribles visions, qui le mènera inévitablement à croiser celui de Ben et à l’affronter…

Créateur : Daniel Knauf
Genre : Fantastique – Drame

1ère diffusion + Chaîne (US) : 14 septembre 2003 sur HBO
1ère diffusion + Chaîne (France) : 04 avril 2004 sur Jimmy
Titre Français
: La caravane de l’étrange

2003/2004 : 12 épisodes de 52 min
2004/2005 : 12 épisodes de 50 min

Bandes annonces :

Trailer Season 1

Teaser Season 2

Personnages (acteurs) :


Ben Hawkins

(Nick Stahl)
Possédant le don de guérison, sa mère l’a toujours traité comme un démon. Son entrée dans le Carnivàle va donner un sens aux nombreux cauchemars qu’il fait et va le mener à en apprendre davantage sur lui-même.

Frère Justin Crowe

(Clancy Brown)
Sa soeur et lui ont été recueillis et élevés par le révérend Balthus. Justin possède d’étranges pouvoirs qui touchent directement les personnes qui l’entourent. Il partage les même visions que Ben qu’il semble prédestiné à rencontrer.


Edgar « Samson » Leonhardt

(Michael J. Anderson)

Gérant du Carnivàle et bras droit du management. C’est suite à un ordre de ce dernier, il va recueillir Ben au sein de la troupe, et modifier leur itinéraire en conséquence.


Sofie Agnesh Bojakshiya

(Clea Duvall)
Cartomancienne de la troupe, c’est sa mère entièrement paralysée qui lui transmet par télépathie les prédictions à faire. Elle a du mal à trouver sa place et cherche son indépendance.


Iris Crowe
(Amy Madigan)
Soeur aînée très (trop) protectrice de Justin, ils vivent tous les deux ensemble. Elle ferait n’importe quoi pour son frère, et l’aidera à suivre sa destiné.


Professeur Ernst Lodz

(Patrick Bauchau)

Aveugle ayant le pouvoir de lire dans les rêves, Lodz est l’ancien bras droit du management. Il va tout de suite s’intéresser à Ben, essayant constamment de le manipuler !


Clayton « Jonesy » Jones

(Tim DeKay)
Fidèle assistant de Samson, cet ancien joueur de base-ball a une horrible blessure au genou qui le fait boiter. Homme généreux, il est très attaché à Sofie.


Libby Dreifuss

(Carla Gallo)
Fille de Stumpy et de Rita Sue, les relations avec sa mère sont très tendues. Elle va être au coeur d’un triangle amoureux avec Jonesy et Sofie.


Rita Sue « Menninger » Dreifuss

(Cynthia Ettinger)
Mère de Libby et femme de Stumpy, elle fait partie du spectacle de stripteaseuses, et vend son corps aux hommes après le show. C’est elle qui porte le pantalon dans la famille.


Felix « Stumpy » Dreifuss
(Toby Huss)
Père de Libby et mari de Rita Sue, il est chargé de rameuter les clients pour leur spectacle familial. Il ne manque pas une occasion de soutirer un peu plus d’argent, mais à ensuite la fâcheuse tendance de le perdre au jeu !


Ruthie

(Adrienne Barbeau)
La charmeuse de serpent de la troupe ; elle va se rapprocher de Ben qui est attiré par elle. Ruthie a également bien connu Henry Scudder…


Lila Villanueva

(Debra Christofferson)
« Âme damnée » de Lodz, elle fait tout ce que ce dernier lui demande de faire. Au premier abord sympathique, elle s’amuse facilement du malheur des autres.


Henry « Hack » Scudder

(John Savage)

Homme insaisissable qui envahit les visions de Ben ainsi que celles de Justin. Ben apprendra très vite qu’il s’agit de son père, et finira par suivre sa trace à travers les états.


Tommy Dolan
(Robert Knepper)
Journaliste radio, il va rencontrer le frère Justin lors de son errance sur les routes. Il va mettre en place les sermons radiophoniques de Justin.


Varlyn « Bird Dog » Stroud

(John Carroll Lynch)
Auto-proclamé apôtre du frère Justin, il s’est évadé de prison pour suivre les instructions de ce dernier : capturer Henry Scudder. Pour ça il emploiera les pires moyens possibles !
Infos supplémentaires pré-critiques :
°
Daniel Knauf avait prévu d’étaler son histoire sur 6 ans, avec 3 cycles de 2 saisons chacun. Nous avons donc là ce qui devait être le premier cycle « complet ». On reste évidemment sur notre faim, car même si d’une certaine façon ce cycle se conclut, on reste avec un tas de questions en suspens et de théories en tête… et malgré la qualité des séries produites par HBO ainsi que la liberté que la chaîne laisse à ses programmes, on ne peut que lui en vouloir de nous avoir privé de la suite et fin de l’histoire ! :/
°
La série prend pour toile de fond une période très difficile pour les Etats-Unis, et particulièrement pour des états tels que l’Oklahoma ou le Texas (là où se situe une grosse partie des épisodes). En effet, les années 30 dans ces régions, ont évidemment vu passer la grande dépression faisant suite à la crise de 1929 plongeant la population dans une grande détresse économique, mais également le « Dust Bowl« , une catastrophe écologique qui amena sur les régions des grandes plaines du Middle West une période d’intense sécheresse qui dura une dizaine d’années et produisit des centaines et centaines de tempêtes de poussières qui pouvaient s’étaler sur plusieurs jours.
° Le magnifique générique, mêlant magistralement cartes de tarot, oeuvres d’art d’époques variées et images d’archives des années 30, a été créé par le studio A52 et a remporté en 2004 l’Emmy du meilleur générique.
°
Un Emmy pour le générique ? Ok. Mais y a-t-il eu d’autres récompenses ? Oh que oui ! Toujours en 2004, Carnivàle a également récolté l’Emmy de la meilleure photographie (pour l’épisode 1.06 Pick a Number), l’Emmy de la meilleure direction artistique (épisode 1.01 Milfay), l’Emmy des meilleurs costumes (épisode 1.01 Milfay) et l’Emmy des meilleurs coiffures (épisode 1.02 After the Ball is Over)… Pour les nuls en maths voilà donc pas moins de 5 Emmy Awards (équivalents des Oscars pour la télévision) pour cette fabuleuse série ! :D. A noter qu’elle avait eu 7 nominations… 5 sur 7, c’est un joli score ;).
Image du magnifique générique

Image du magnifique générique

Critique :
Depuis qu’HBO a décidé de produire elle-même ses programmes de fiction (béni soit ce jour !), en leur laissant une liberté totale (que ce soit dans les thèmes ou les durées) ainsi qu’en leur fournissant les moyens nécessaires pour que la qualité soit au rendez-vous, la chaîne a livré des séries devenues systématiquement cultes (Oz, Les Sopranos, Six feet under…). Alors, quand elle décida enfin de se lancer dans une série teintée de fantastique, les fans du genre ne pouvaient qu’en saliver d’avance ! Voilà donc l’une des premières incursions de la chaine dans le domaine du fantastique : Carnivàle. Rencontre entre un univers à la hauteur des meilleurs Lynch et du film atypique Freaks (un classique à voir absolument !), cette série est un cas rare qui a su s’allier à la fois les faveurs des critiques, du public et la reconnaissance de ses pairs !

Carnivàle est donc dès le départ une série à part, qui accumulent les éléments la distinguent des autres séries. Prenez par exemple l’époque dans laquelle se situe l’action : les années 30. Cette période historique d’entre deux guerres en pleine crise de 1929, jusqu’alors peu usitée dans l’univers des séries télévisées, est ici renforcée par deux « détails » : la localisation – le Texas – et l’évènement qui s’y déroulait alors – le Dust Bowl (voir infos supplémentaires plus haut) -. Tous ces éléments réunis confèrent à cette série une ambiance réellement unique : on navigue entre deux mondes (l’ambivalence est d’ailleurs le moteur de l’histoire), entre des immenses plaines désertiques battues par les tempêtes de sable qui font inévitablement penser à la grande période du Far West, et le modernisme qui rattrape petit à petit ce monde (les voitures et camions sont les principaux représentants du monde moderne, mais on pourra aussi compter sur des inventions beaucoup moins glorieuses, dont une terrible, à laquelle il est directement fait allusion lors du texte d’introduction de la série). Pour parfaire cette ambiance si particulière, le scénario nous ballotte entre deux univers bien démarqués : d’un côté le frère Justin qui navigue au milieu des bons croyants, des représentants de l’église et des lieux de cultes et de l’autre Ben qui, lui, pénètre dans le monde des Forains, monde à part rempli de personnages hors normes et régit par ses propres lois.

Le carnavale

Le carnavale

Cette dualité constante est le fondement même de l’histoire, avec comme base la lutte entre le bien et le mal. Sujet somme toute classique, mais qui est habillement amené, mené et renforcé par le contexte et les personnages. Car ici, rien est tout blanc ou tout noir, le bien et le mal sont difficilement différenciables et même carrément indissociables. Prenons les deux personnages principaux en exemple. Ben possède le don de guérir, mais en contrepartie il doit prendre la force vitale d’un être vivant (plante, animaux… ou humain). C’est le célèbre principe de l’équivalence (je salue au passage les fans de Fullmetal Alchemist qui connaissent bien ce principe ;)) qui veut que quand on reçoit on doit donner en retour quelque chose de valeur égale. Ce qui fait que si Ben veut sauver une vie, il se retrouve inexorablement obligé d’en prendre une autre en échange. Son pouvoir est-il une bénédiction ou une malédiction ? Le frère Justin quant à lui se retrouve tiraillé entre deux faces opposées : cet homme d’église qui cherche à mener les autres vers le seigneur, et à protéger et aider les plus démunis, va finalement occasionner de nombreuses souffrances via ses pouvoirs « incontrôlables » au début. Cette dualité intrinsèque pour les deux personnages principaux va toutefois s’effacer lors de la seconde saison (qui gagne en efficacité et en intensité !), Justin embrassant pleinement son statut de « passeur » ainsi que sa destinée toute tracée, et Ben finissant par accepter lui aussi de suivre le chemin qu’on lui indique.

L’une des grandes forces de la série (et il y en a un paquet, vous pouvez me croire) c’est sans nul doute son scénario et le développement qu’il en est fait. Paradoxalement, c’est l’une des rares critiques qu’on puisse entendre chez les détracteurs (tout aussi rares) de la série… qui, il est important de le souligner, reconnaissent malgré tout systématiquement la qualité d’interprétation et de réalisation de la série. Donc, revenons en un peu au scénario : les critiques faites en son encontre sont simples : trop alambiqué et trop long à se révéler. Personnellement, je ne suis absolument pas d’accord : je ne l’ai jamais trouvé compliqué, et l’espèce de faux rythme choisi m’a toujours semblé judicieux.

Le frère Justin en plein sermon radiophonique

Le frère Justin en plein sermon radiophonique

La série se divise donc en deux histoires parallèles : celle du Carnivàle et celle de Justin. La première saison s’attarde davantage sur le Carnivàle et la vie de ses forains : Ben arrive parmi eux et apprend à les connaître en même temps que nous, et même s’il ne fait nul doute qu’il est le personnage principal de la série, il reste finalement assez discret pendant cette première saison, son évolution et la recherche de Henry Scudder, passant au second plan. Mais attention : cela ne gâche en rien l’évolution de l’histoire, bien au contraire ! L’intérêt ne se portant pas uniquement sur le parcours initiatique de Ben (sa recherche du père, et son passage à l’âge adulte), mais également sur un tas d’autres personnages, avec plusieurs petites histoires propres aux forains, on peut dire qu’on ne s’ennuie jamais ! De plus, avec les personnages très variés qu’on nous propose là, il est évident que tout le monde y trouvera son compte ;). En parallèle à tout ça, on retrouve évidement l’histoire de Justin, personnage qui évoluera énormément pendant cette première saison, puisque l’homme à l’apparence sympathique du début, qui réussit souvent à nous émouvoir dans sa détresse, finit par devenir complètement détestable et surtout horriblement effrayant ! La fin de saison 1 nous promettant énormément pour la suite !

Ben n'est pas au bout de ses surprises

Ben n’est pas au bout de ses surprises

Alors ? La saison 2 arrive, les promesses ont-elles été tenues ? Et bien laissez-moi vous dire que non contents de les tenir, les scénaristes ont réservé une surprise de taille à tous leurs fidèles spectateurs, car j’ai rarement vu un début de saison aussi osé : c’est simple, j’ai quasiment retenu ma respiration pendant les 20 premières minutes de l’épisode « Los Moscos » (je le sais, j’ai vérifié l’heure :p), tellement la saison commençait fort ! Il fallait oser, et ils l’ont fait : on nous révèle tout ! On répond à toutes les questions qu’on aurait pu se poser et même davantage ! Il est tellement agréable de trouver une série qui ne cherche pas à s’embourber dans des mystères sans fin et qui respecte ses spectateurs. Ces révélations surprenantes et complètement inespérées, donnent à la seconde saison un air frais de renouveau : on repart sur de nouvelles bases. Comme je le disais plus haut, les deux personnages principaux savent enfin le chemin qu’ils doivent suivre, et s’y engouffrent pleinement. Cette situation renverse d’ailleurs le schéma établi : les histoires des forains sont toujours bien présentes et continuent sur leur lancée, mais elles passent au second plan, laissant le champ libre au personnage de Ben, qui prend ici une toute nouvelle dimension, s’épanouissant à sa juste valeur, et devenant de plus en plus présent, attachant et irremplaçable. Le frère Justin prend lui aussi plus de place dans les épisodes, ce qui accentue la tension : leur rencontre et affrontement semble totalement inéluctable maintenant, mais en plus on le sent qui s’approche à grands pas !

La richesse du scénario, de ses personnages, de leurs histoires, ainsi que de l’univers bien défini (voir l’introduction du résumé), inventif et régi par des règles bien précises, rendent la série tout bonnement captivante et addictive : il est impossible, une fois rentré dedans, de ne pas vouloir connaître la suite, de ne pas se poser mille et une questions, ou encore de rester insensible au devenir des protagonistes… on plonge littéralement dans l’aventure et même à la toute fin il est difficile d’en émerger !! Je profite d’ailleurs de cette critique pour lancer un coup de gueule : j’enrage complètement vis-à-vis d’HBO que l’histoire en reste là ! Le dernier épisode est simplement hallucinant, et promettait énormément pour la suite… ne pas connaître le fin mot de cette fabuleuse histoire est un crève-coeur innommable ! (j’en fait trop selon vous ? je ne pense pas ! :p).

Sofie et Libby se rapprochent

Sofie et Libby se rapprochent

Passons à autre chose : l’interprétation. Pas une seule fausse note au casting ! Les acteurs ont tous un talent rare, que ce soit le petit par la taille mais grand par le talent Michael J. Anderson qui nous interprète un Samson à la fois touchant, sympathique, malin et au caractère bien trempé, ou encore Clancy Brown qui réussit à nous rentre le frère Justin tantôt agréable, tantôt terrifiant, ou même Nick Stahl qui nous montre réellement tous ses talents d’acteur dans la saison 2 (étant finalement assez en retrait dans la saison 1, il n’avait pas vraiment eu l’occasion de le faire)… et tant d’autres grands acteurs qui nous font nous attacher aux personnages, soit en les aimant, soit en les détestant, mais on n’y reste jamais indifférent !
Dernier point avant ma conclusion (j’entends des oufs ! c’est pas gentil ça :p) : la réalisation. C’est simple : Carnivàle avec ses décors somptueux, ainsi que sa photographie d’une rare qualité, mériterait tout bonnement d’être diffusée au cinéma ! Il y a des films tellement moins beaux qui y passent, un tel travail visuel mériterait mieux qu’un petit écran !

Je vais donc conclure maintenant, en disant simplement que tout ce que j’ai écrit, là juste au-dessus, n’est pour moi pas encore suffisant pour exprimer le plaisir et l’intérêt que j’ai eu à suivre une telle série. J’aurai vraiment voulu expliquer d’une meilleure façon tout ce que j’ai pu ressentir devant Carnivàle, mais malheureusement j’ai toujours eu de mauvaises notes en rédaction :p. Il faudra donc vous contenter de ça, et me croire sur parole quand je vous dis que Carnivàle est un petit bijou de la télévision comme on en voit rarement, et que ça serait dommage de vous priver de lui !

  • Points positifs :
    + Paysages et décors grandioses
    + Acteurs impeccables
    + Scénario envoutant
    + Ambiance unique
    + Réalisation digne du cinéma
  • Points négatifs :
    – Histoire tronquée
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